Les installations en papier de Mia Pearlman

Mia Pearlman crée de gigantesques installations en papier, organiques et éphémères, en 2 et 3 dimensions qui brouillent la limite entre l’espace actuel, illusoire et imaginaire. Le process (détaillé dans la vidéo ci-dessous) est très intuitif et spontané, le résultat est juste magnifique. Mia Pearlman vient de rejoindre notre projet « Paper Art trends » et figure désormais dans notre appli gratuite pour iPhone et iPad. A cette occasion, elle nous a donné une petite interview…

Mia Pearlman, qui êtes-vous ?

Après mon diplôme de la Cornell University en 1996, j’ai exposé à travers le monde dans de nombreuses galeries et musées, dont le « Museum of Arts and Design » (NY), le « Montgomery Museum of Art » (Alabama), le « Centre for Recent Drawing » (Londres), et « Mixed Greens » (NY). Mes prochaines expos inclus le « Indianapolis Museum of Art », la galerie « Morgan Lehman » (NY) et la galerie Renwick au Smithsonian. Mon travail figure dans de nombreux livres consacrés à l’usage du papier dans l’art contemporain. J’ai participé à plusieurs résidences, dont « Proyecto’Ace » à Buenos Aires, le « Lower East Side Printshop » à New-York, et le « Vermont Studio Center ». Et je suis récipiendaire du prix Pollock-Krasner 2008 de la Foundation Grant et du « Established Artist Fellowship » 2009 de UrbanGlass. Par ailleurs, j’habite et je travaille à Brooklyn, NewYork.

Comment êtes-vous venu à travailler avec le papier?

J’ai toujours travaillé SUR du papier, mais je ne l’ai utilisé comme base pour de la sculpture qu’à partir de l’été 2007. Pendant de nombreuses années j’ai pratiqué le dessin, de façon très détaillées. Un jour j’ai commencé un travail intitulé LIGHT KNOT, il s’agissait d’une profonde spirale de nuages imaginaires avec un “nœud” de lumières qui en sortait. J’aimais cette idée de lumière étrange, alors pour avancer un peu tout ça, j’ai décidé d’imprimer des séries de formes nuageuses puis de les découper. Je me suis pris au jeu de la découpe pour abandonner progressivement l’impression. Après plusieurs mois essayant de réaliser un “collage” de ces formes nuageuses en papier que j’entrelaçais mais sans les coller, j’ai épinglé au mur un de ces essais. Le lendemain tout était à terre et là… je me suis dit, “WOW, ça c’est intéressant.” et dans la semaine j’avais réalisé ma première installation, WHORL.

Comment décrivez-vous votre style personnel ?

Je suis inspirée par ces formes évanescentes et à peine perceptibles de la nature, les nuages, les méduses, les formes nébuleuses de l’espace, les globules rouges…. Le temps qu’il fait. Voilà une métaphore de la ténuité de l’existence, à la fois éphémère et toute puissante, une sorte de réalité alternative. Je m’intéresse beaucoup à l’espace : le véritable comme l’imaginaire. Sculptural, dynamique et parfois brillant d’une lumière naturelle ou artificielle, mes installations en papier découpé semblent gelées dans un moment ambigu, qui voudrait bruler l’espace.
Ma technique est très intuitive, basée sur des décisions spontanées. Je commence avec un dessin libre à l’encre de chine sur de grandes feuilles de papier. Ensuite je découpe certaines zones entre les lignes, créant des formes en négatif. 30-80 de ces pièces forment l’installation finale, que je crée sur place en tatonnant, une dance de 2 ou 3 jours avec la chance et le contrôle. L’œuvre, qui n’existera que le temps de l’exposition, se trouve chancelant en apesanteur entre « être et ne pas être », sans cesse en mouvement. C’est un point très particulier où l’art, l’espace (physique) et le spectateur sont réunis, et où, comme James Baldwin l’a écrit,“nous pouvons mettre à nu les questions qui ont été cachés par les réponses…”

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